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Rencontres livresques oneriennes

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27 août 2019

What I talk about when I talk about running

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Si vous êtes à la recherche d'un ouvrage techniquement pointu sur la course à pied, passez votre chemin !​ ​Murakami propose dans ce livre le témoignage intime et passionnant de la construction d'une vie, d'une personnalité (la sienne) dans laquelle la course a pied a été un pilier central​ et capital. ​

Alors gérant d'un club de jazz qui commence tout juste à lui permettre de vivre décemment, il l'abandonne pour tenter de devenir écrivain. C'est un pari audacieux et le succès n'est pas garanti. Il se jette pourtant à l'eau. La suite prouvera qu'il a eu raison.​ ​Parallèlement à cet important changement de vie, la course à pied apparaît dans son existence.​ ​Murakami commence donc sa carrière de coureur à l'âge honorable de trente-trois ans. Il avoue sans complexe être un coureur médiocre mais, au bout du compte, le seul objectif qui le motive réellement est de repousser ses propres limites.

Outre le fait de se maintenir physiquement en forme, l​a course à pied lui permet de cultiver concentration et persévérance. Il développe ainsi une riche métaphore avec son métier d'écrivain. ​Il affirme d'ailleurs que ses livres n'auraient pas été les mêmes sans la course à pied. ​​​Il est à la fois impressionnant de détermination et de constance. Il court en effet quasiment tous les jours et participe à un marathon par an. Sans dévoiler les détails de l'ouvrage, son récit d'un ultra marathon est​ ​​très​​ prenant.​ Il y a quelque chose de particulièrement fascinant dans ce dépassement de soi.

Les années qui passent et l'âge qui entraînent inéluctablement une baisse de ses performances ne le découragent pas. ​Il écrit : "Even when I grow old and feeble, when people warn me it’s about time to throw in the towel, I won’t care. As long as my body allows, I’ll keep on running.​" ​

Murakami se livre avec humilité et ​un ​humour sarcastique​ dans cet ouvrage​. Il y propose une réflexion quasi philosophique sur la pratique de la course à pied, sur le sens des efforts, de la persévérance, de la vie... Le lecteur n'a qu'une envie : enfiler ses chaussures et courir lui aussi ! ​

Christelle

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28 mai 2019

Crime et Châtiment

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Magistral. C'est le deuxième roman de Dostoïevski que je lis et je suis à nouveau frappée par le talent de cet écrivain. Le style est fluide, élégant (le travail du traducteur doit sans doute être également loué ici).

Le lecteur est emporté par des personnages d'une profondeur psychologique vertigineuse. Il s'agit presque d'une autopsie, d'une dissection d'âmes humaines. Comme le suggère le titre "Crime et Châtiment", ces âmes sont torturées à l'extrême. C'est une large réflexion sur la société, les mœurs et la morale qui émerge au fil des pages. Peut-on s'octroyer le droit d'ôter la vie ? Si cela est justifié par un bénéfice supérieur ?

Sur l'autel du sacrifice, on croise également une jeune fille qui vend son corps pour subvenir aux besoins de son père alcoolique, sa belle-mère malade, ses très jeunes demi-frères et demi-sœurs. Moralement répréhensible ? Elle reste l'un des personnages les plus pure, les plus humbles et les plus droits du roman. Il est également question de mariages : mariage pour rembourser des dettes d'argent, mariage pour l'image flatteuse que confère l'exhibition d'une jolie femme instruite, mariage arrangé avec une enfant de 14 ans... La critique sous-jacente du mariage est mordante.

De ​nombreux​ rebondissements jalonnent le cheminement du lecteur​ et attisent sa curiosité​. J'avoue avoir été plus d'une fois surprise par le dénouement d'une scène.

J'aimerais enfin soulever un dernier point : ce roman déstabilise dans la mesure où ​l'​on ne sait ​pas ​si l'on doit ou non accorder notre sympathie au personnage principal, ​auteur​ d'un crime particulièrement ignoble. Ce personnage​,​ capable d'actes​ extrêmement​ généreux​,​ se montre​ régulièrement sous une apparence cruelle et repoussante. Pétri de contradictions, il jongle tout au long du roman entre raisonnements intellectuels, sentiments de honte, amour pour ses proches, rejet de ses proches,​ amour-propre,​ rejet de lui-même. Un savant mélange qui renvoie sans doute à nos propres contradictions humaines.​​

Christelle

26 mars 2019

Trois amis en quête de sagesse

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​L'un est moine bouddhiste​ ​tibétain​ et​ docteur en génétique cellulaire​, ​l'autre est écrivain​,​ philosophe,​ né infirme moteur cérébral, le troisième est psychiatre. Trois parcours très différents, trois angles de vue contrastés et pourtant, ils partagent l​e même désir​ de progresser sur le chemin de la sagesse et de partager ce cheminement​ avec le lecteur​. Chacun à sa façon plaide en faveur de l'altruisme, de la bienveillance, de la générosité, de l'ouverture aux autres, de l'adoption d'une juste estime de soi et de l'élimination d'un ego qui nous empoisonne l'existence. Il est question de la recherche de la joie véritable, de la détermination de ce qui vaut vraiment la peine, de donner un sens à nos existences. L'idée que tout n'est que changement incite à ne pas essayer de se cramponner aux choses éphémères. L'acceptation de ce qui n'est pas de notre ressort est également un élément clé. ​Enfin ​se détacher du désir de plaire aux autres est source de libération.

Quelques citations de ce livre : ​

"Je crois en une contamination de l’amour, de la bienveillance, de la douceur et de l’intelligence. Chaque fois qu’on pose un acte de tendresse, d’affection, d’amour, chaque fois qu’on éclaire quelqu’un en lui donnant un conseil, on modifie un tout petit peu l’avenir de l’humanité dans le bon sens.​"

"Écouter, c’est s’arrêter, oser ne plus avoir une réponse toute faite, cesser d’ensevelir autrui sous des tonnes d’étiquettes." ​

"Mais au fond, la qualité, bonne ou mauvaise, de notre existence est déterminée par celle de chaque instant de notre relation aux autres et au monde."

"Prends soin des minutes et les heures prendront soin d’elles-mêmes." ​

"L’acceptation procède de l’amour inconditionnel. Il faut une sacrée liberté intérieure pour cesser de vouloir transformer l’autre à sa guise, lui dicter ses conduites, façonner ses opinions."

"Ne pas s’accrocher à des dogmes invariables. Les situations humaines étant toujours complexes, être trop rigide peut aboutir à des réactions en porte- à-faux avec la réalité, et créer plus de souffrance que de bonheur."

"Si tu étais sûr et certain de mourir dans un an, que ferais-tu ? (...) Paradoxalement, me dire que je peux mourir demain ou dans un an a mis beaucoup de joie et d’énergie dans mon existence."

Christelle

25 février 2019

Sur les chemins noirs de Sylvain Tesson


 L'aventurier et écrivain Sylvain Tesson s'est longtemps adonné à l'escalade libre de maisons, immeubles, églises... En aout 2014 il a malheureusement chuté du toit d'une maison à Chamonix et s'est très grièvement blessé ; cloué sur son lit d'hôpital, il s'est promis, s'il le pouvait, de traverser la France en empruntant des "chemins de pierre". Un an après son accident, il a entrepris cette grande marche, du Parc du Mercantour au cap de la Hague, en évitant les zones urbaines. "Sur les chemins noirs", paru en 2016, est à la fois le récit de cette longue randonnée et un recueil de réflexions très diverses : à des considérations géographiques et politiques sur l'évolution des territoires, se mêlent des réflexions sociales, politiques, littéraires et encore des pensées plus intimes sur le deuil de sa mère et sa guérison.
 
 On est tenté de relever tout d'abord ce qui manque aux récits-essais de Sylvain Tesson, à savoir un peu de mesure : persuadé  qu'il "est ingénu de penser qu'on [peut] utiliser les nouvelles technologies avec justesse", sûr que les politiques arrivent aux commandes de nos sociétés "par la grâce de calculs" et s'y maintiennent "par la vertu de renoncements", il ne s'embarasse pas de nuances et, par là, il donne à réfléchir, plus qu'il n'emporte l'adhésion. "Sur les chemins noirs" est cependant un court livre très plaisant. A la fois par l'alternance des réflexions variés, des récits de rencontres
 et des descriptions de la France rurale. Aussi par l'extrême concision des l'exposition des arguments ("Pourquoi n'acceptait-on pas qu'un voleur de pommes s'introduise dans un verger et pourquoi permettait-on à une mangue du Brésil de troner dans une épicerie de l'Ardèche ? Où commençait l'infraction ?). Encore par les confessions touchantes de l'auteur sur les tourments de son deuil et de sa guérison.

 

Sur-les-chemins-noirs

18 décembre 2018

Les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)

CNV

Parler semble être un acte ordinaire, la communication peut pourtant s'avérer être un exercice périlleux. Les non-dits, les malentendus, les incompréhensions, les phrases énoncées sous le coup des émotions, le manque de réelle écoute sont autant d'embûches sur le chemin des échanges humains. La société dans laquelle nous évoluons a conditionné notre langage et nous ne sommes plus toujours conscients des automatismes qui nous incitent à juger et à critiquer plutôt qu'à échanger avec sincérité.

Marshall Rosenberg est un psychologue américain qui a développé la "Communication Non Violente" dans les années 60 en s'inspirant des travaux de Carl Rogers ainsi que de Gandhi et il a ensuite animé des ateliers de communication non violente dans une trentaine de pays à travers le monde.

La lecture de ce livre est agréable. L'approche proposée par Marshall Rosenberg y est détaillée point par point et de nombreuses illustrations issues de la vie de l'auteur et des personnes qu'il a formé contribuent à la clarté de l'exposé. Certains exemples sont particulièrement frappants, comme celui de cette jeune femme qui a échappé à un viol en appliquant les techniques de communication non violente à laquelle elle venait d'être formée.

Dans le cadre d'un travail de médiation, Marshall Rosenberg montre que la voie du conflit et des compromis décevants n'est pas l'unique possibilité. Il est en effet toujours possible, d'après lui, de désamorcer une dispute et d'aboutir à une solution qui convienne à l'ensemble des parties en présence. Pour ce faire, il suffit de réussir à créer un lien authentique, ce qui est finalement la seule réelle difficulté.

En l'absence de conflit, la communication non violente reste pertinente puisqu'elle permet d'accéder à un échange de meilleure qualité avec son entourage familial ou professionnel, mais aussi d'amener un discours interne plus sain. Nous sommes en effet nos pires juges et cette violence interne nous éloigne de la clarté d'esprit nécessaire pour faire part aux autres de nos besoins et pour entendre les leurs.

Sans surprise, l'empathie est un ingrédient primordial dans ce processus de communication. Il est moins évident qu'il n'y paraît de faire taire nos discours internes et d'accorder pleinement son attention à la personne qui s'adresse à nous. Marshall Rosenberg le démontre via un exercice proposé à des professionnels de la santé mentale. Ils doivent inscrire sur un papier ce qu'ils répondraient à un patient qui déclarerait "J'ai envie de mourir". Parmi la trentaine de réponses recueillies, seules 2 donnent au patient le sentiment d'avoir été réellement entendu. Le piège est de sauter sur des propositions de solutions ou sur une analyse intellectuelle et rationnelle de la situation, ce qui ne répond pas au besoin d'empathie de l'interlocuteur.

Enfin la colère fait partie intégrante de nos vies et il n'est pas question de l'étouffer artificiellement. Marshall Rosenberg propose un exemple qui illustre parfaitement l'expression de la colère dans le cadre d'une communication non violente. Il se trouve un matin dans un taxi avec un inconnu. Ce dernier profère une remarque particulièrement désobligeante à l'encontre des juifs (Marshall Rosenberg a beaucoup souffert de ses origines lorsqu'il était jeune). Plutôt que de se jeter sur l'inconnu et laisser libre cours à la colère qu'il ne manque pas de ressentir (ce qui n'aurait évidemment pas fait changer d'avis l'inconnu, bien au contraire), il parvient avec intelligence, empathie et détermination à lui faire entendre son point de vue. Je ne saurais que piteusement et imparfaitement rapporter le dialogue qui se tient entre ces deux personnages mais je reste impressionnée par la maîtrise de soi dont fait preuve l'auteur dans cette situation.

Même si la lecture de ce livre ne modifiera pas de façon drastique et instantanée notre façon de communiquer, il est en effet des automatismes profondément ancrés, on ne peut s'empêcher de remettre en question nos paroles, leurs formulations et leurs implications après cette lecture. Ce faisant, nous sommes peut-être déjà sur la voie d'une communication moins violente.

Christelle

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18 décembre 2018

Sinouhé l'égyptien

Roman paru à la sortie de la seconde guerre mondiale (1945), écrit par l'auteur finlandais Mika Waltari, ce livre, qui lui valut le prix Nobel, raconte l'histoire d'un égyptien vivant sous le règne d'Akhénaton. Le travail minutieux de recherche de Mika Waltari fut salué à son époque par les égyptologues. Néanmoins, le roman se base sur les connaissances de l'époque (1945), connaissances révisées depuis (en particulier la vision d'une société esclavagiste remise en cause ces dernières années).

Le héros, qui porte le même nom que le héros éponyme du conte "les voyages de Sinouhé", exilé durant plusieurs années de l'Egypte, voyage sur le pourtour méditerranéen, promenant le lecteur entre mythe et réalité dans la splendide Babylone ou encore en Crète, en Syrie, etc., faisant participer le lecteur à la vie des puissants de ces civilisations antiques, berceaux de notre civilisation.

C'est donc un récit de voyage, qui emporte le lecteur dans de lointaines et anciennes contrées. Le style est captivant, et il est très dur de se détacher du livre (qui est édité en deux tomes) pour revenir à une réalité plus prosaïque.

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18 décembre 2018

Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson

 

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    ​Sylvain Tesson nous embarque pour une passionnante retraite de six mois dans une cabane en forêt de Sibérie près du lac Baïkal. Ce livre constitue le "carnet d'ermitage" de son auteur. Jour après jour, il y consigne pensées et activités en faisant usage de beaucoup d'humour et d'une bonne dose d'auto-dérision "Voilà que je m'intéresse à la poussière. Le mois de mars va être long". 

 
    J'avoue que je craignais la monotonie. Je me trompais. J'ai été tenue en haleine tout au long du récit cette incroyable expérience humaine. Sylvain Tesson est un équilibriste, il vogue entre impressionnants exploits physiques (escalades de sommets vertigineux, marches de plusieurs jours dans des conditions météorologiques extrêmes) et réflexions spirituelles et intellectuelles. Il dévore un étourdissant nombre de livres et se soûle à la vodka. Il décrit également de somptueux paysages. C'est un personnage à la fois complexe et attachant qui a choisi de fuir temporairement la société mais ne refuse jamais de trinquer avec les compagnons de passage. Il y a quelque chose de poétique dans sa prose. L'isolement et la posture attentive de l'auteur font que l'ouvrage dégage un sentiment de paix et de sérénité même s'il n'est pas exclu de croiser un ours au détour d'une page. Ses commentaires sur la vie, la société, la solitude ne peuvent que provoquer la réflexion du lecteur.  Enfin, pour ne rien gâcher, Sylvain Tesson manie habilement l'ironie : "Rien ne vaut la solitude. Pour être parfaitement heureux, il me manque quelqu'un à qui l'expliquer." Bref un livre qui fait voyager, qui fait réfléchir, qui fait sourire, ...
 Christelle

17 décembre 2018

Dans les forêts de Sibérie - Sylvain Tesson (2)

 

 " Dans les forêts de Sibérie" est le journal de Sylvain Tesson lors des six mois qu'il a passés dans une cabane en bois, sur les rives du lac Baïkal, de février à juillet 2010.  Des citations littéraires, des récits d'escalade, des choses vues chez ses (lointains) voisins, des cogitations de toutes sortes et, encore, des questions pratiques d'organisation de la (sur)vie au grand froid s'assemblent en un patchwork indiscutablement singulier et plaisant. Ci-après quelques extraits pour en donner un tout petit aperçu : "Un exercice où les Russes excellent: porter un toast, lever le camp dans la précipitation, jeter les sacs dans une barque, mettre les gaz vers n'importe où" ; "la hâte croissante du monde est un symptôme de la transmutation du monde en chiffre" (citation de Jünger) ; "Vous avez du pain ? Ah non ! Ici, c'est l'endroit où on n'a pas de viande. L'endroit où on n'a pas de pain, c'est la boulangerie, à côté" (plaisanterie russe).

  Les pages écrites les 14 & 24 février expliquent l'objectif de cette périlleuse aventure : l'auteur a voulu échapper au barnum de la vie urbaine, écouter ses états d'âme, "savoir si [il avait] une vie intérieure". Sylvain Tesson n'a finalement manqué ni d'intelligence, ni d'énergie, ni même d'activités (ayant pris soin d'emporter une belle réserve de livres...) et a bien occupé ses six mois de solitude. La mention fréquente de bouteilles de vodka vite vidées, divers propos assez maussades, cependant, ouvrent un autre perspective : qu'est-ce qui a le pouvoir de rendre l'auteur heureux ? Qu'est qui fait sens pour l'aventurier pessimiste ? Sans doute la réflexion personnelle (27 février, 3&17 avril...), l'exercice physique, le respect de la nature, la contemplation de ses beautés (10 mai...), le plaisir immédiat d'un festin improvisé (14 mars), la fidélité aux bonheurs passés (4 & 5 juin), la joie de retrouver ses meilleurs amis (8 juillet). Cela semble, au fil des pages, à la fois beaucoup et trop peu pour l'isolé volontaire.  

  Jacques

20 novembre 2018

Bienvenue

Voilà le bloc, facile à utiliser avec un éditeur de message assez pratique. On peut aussi customiser le blog pour qu'il soit plus agréable à lire.

A bientôt !

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